Irak

En 2008, les gouvernements iranien et irakien ont signé un Mémorandum d’entente avec le CICR, fixant un cadre bien défini pour la collecte et le partage d’informations relatives aux personnes disparues et au rapatriement des dépouilles mortelles. En conséquence, une série de mesures ont été prises pour améliorer les recherches, protéger les charniers et assurer un traitement digne à ceux qui avaient perdu la vie à cause du conflit. Le soutien du CICR, intermédiaire neutre, semble avoir joué un rôle important pour que cette initiative soit prise conformément aux obligations incombant aux deux pays au titre du DIH.
Lors de la planification des attaques en Irak en 2003, les forces aériennes américaines et britanniques ont limité le risque de pertes civiles en ayant recours à la modélisation informatique pour évaluer les dommages collatéraux, mais aussi en modifiant leur processus de ciblage et en améliorant les armes et technologies utilisées. Cette initiative semble avoir été prise après avoir « tiré les leçons des conflits précédents » et avoir pris en compte les risques que ces dommages collatéraux représentaient au regard des intérêts militaires.
En 2008, l’armée américaine a revu ses politiques relatives au milieu carcéral dans les centres de détention en Irak, pour permettre aux prisonniers irakiens de recevoir davantage de visites de leurs familles à Camp Bucca, à Umm Qasr. Ce changement de politique pourrait avoir été influencé, entre autres, par la nécessité de satisfaire l’opinion publique locale et internationale, mais aussi pour faciliter le retour dans la société des personnes privées de liberté.
Pendant l’invasion de l’Irak par la coalition dirigée par les États-Unis en 2003, des conseillers juridiques ont passé en revue les décisions opérationnelles et les procédures de ciblage, afin de s’assurer que le DIH était bien respecté. La décision de mettre à disposition des conseillers juridiques dans les rangs des forces armées semble avoir été influencée par une volonté de disposer d’une force militaire mieux préparée.
En 2016, un décret présidentiel a été rendu dans la région du Kurdistan irakien, ordonnant aux forces peshmergas de respecter le DIH. Suite à ce décret, les commandants des forces peshmergas ont consulté des experts en DIH, puis mis en place des activités de renforcement des capacités destinées à 40 personnes pour leur enseigner comment dispenser des formations en DIH aux forces armées ; enfin, des manuels de DIH ont été distribués aux forces armées peshmergas. En 2018, les Peshmergas ont adopté leur premier code de conduite. Cette initiative peut avoir été motivée par la volonté de « préserver la position respectable et honorable des forces peshmergas » et d’accompagner la professionnalisation de leur personnel militaire.
En 2016, des soldats et des commandants de plusieurs groupes armés kurdes ont participé à des formations en DIH dispensées par différents acteurs. Suite à ces formations, les autorités kurdes ont rendu un nouveau décret modifiant le cadre normatif existant afin de renforcer le respect du DIH et la protection des civils. La pression politique, mais aussi le soutien de tiers neutres pour faire appliquer ces mesures, sont deux éléments qui ont pu jouer un rôle pour encourager ce comportement conforme aux principes du DIH.