Afrique

En 2015, après avoir signé un Acte d’engagement, le Mouvement populaire de libération du Soudan - Nord a neutralisé ses stocks de mines terrestres antipersonnel, avec l’assistance technique d’experts de l’Appel de Genève. Depuis, le Service de lutte antimines des Nations Unies, en coopération avec le gouvernement soudanais, poursuit son travail pour dépolluer des millions de m2 en éliminant les munitions non explosées et les mines terrestres.
En 2013, le gouvernement du Soudan et le Mouvement Justice et Égalité (JEM) ont signé un accord de cessez-le-feu comprenant des obligations en matière de protection des enfants. En 2016, le Soudan a signé un Plan d’action avec les Nations Unies, lequel vise à mettre fin au recrutement d’enfants par ses forces armées. Lorsque les mesures établies par le Plan d’action auront été mises en œuvre par le gouvernement soudanais, l'ONU retirera les forces de sécurité du pays des annexes du rapport annuel du Secrétaire général sur les enfants et les conflits armés.
Pendant le conflit armé de 2011 en Libye, le Conseil national de transition de la Libye (CNT) a élaboré un manuel opérationnel énonçant les principales règles du droit de la guerre, qui ont ensuite été diffusées par divers moyens, notamment en envoyant des extraits du manuel par SMS ou encore en diffusant des messages en continu à la radio et la télévision. Le souci d’une opinion publique favorable et la volonté de gagner en légitimité semblent avoir influencé cette prise d’initiative garantissant le respect du DIH, initiative qui a également été rendue possible grâce aux progrès de la technologie et à sa démocratisation au sein de la population.
En République centrafricaine (RCA), la coopération entre un groupe armé et les autorités nationales a permis de libérer 18 prisonniers. Par la suite et à maintes reprises, le gouvernement de la RCA a joué le rôle de médiateur dans le processus de désarmement et de rapatriement des membres de groupes armés. Ce respect des dispositions du DIH de la part de toutes les parties semble s’expliquer par une volonté commune d’encourager un environnement propice à la paix et a été favorisé par la médiation et le soutien d’acteurs neutres.
En 2011, la Mission de l’Union africaine en Somalie (AMISOM), qui recevait l’appui du gouvernement somalien dans la lutte contre al-Chabab, a institué une politique relative aux tirs indirects, qui a permis de réduire les dommages collatéraux au sein de la population civile. Pour mettre en œuvre cette nouvelle politique, de nombreuses mesures ont été mises en place par l’AMISOM, parmi lesquelles la création de zones de sécurité et la mise en place de restrictions sur les modalités d’utilisation de certaines catégories d’armes. Cette politique, qui respectait les principes du DIH, a également représenté un intérêt militaire pour l’AMISOM, en renforçant peut-être « l'adhésion du peuple » à ses positions.
Suite à la guerre entre l’Érythrée et l’Éthiopie entre 1998 et 2000, les deux parties ont rapatrié des prisonniers de guerre (PG). L’accord de paix d’Alger prévoyait l’établissement d’une commission indépendante chargée d’examiner les allégations portant sur d’éventuelles violations du droit international humanitaire, ce qui impliquait notamment d’évaluer si le rapatriement des PG avait été effectué conformément au DIH. Ces mesures ont pu être prises grâce au soutien d’un intermédiaire neutre, le CICR.
En 2014, le Soudan du Sud, alors en proie à un conflit armé, a reçu l’accord de son pays voisin, le Soudan, pour ouvrir un couloir humanitaire afin de permettre aux secours humanitaires d’avoir accès aux populations touchées par le conflit. Avec le soutien du Programme alimentaire mondial des Nations Unies, plusieurs convois humanitaires ont pu rejoindre le Soudan du Sud en empruntant ce corridor. Cette initiative a pu avoir une influence positive sur l’opinion publique locale et a contribué à améliorer l’image du Soudan auprès de la communauté internationale. Le fait de prendre en compte ces considérations pourrait être déterminant pour générer un plus grand respect du DIH.
En 2011, le ministère libyen de la Défense a chargé le Centre libyen de lutte antimines (LMAC) de s’occuper de la gestion du déminage. En 2013, le premier site de stockage de munitions a été construit à Misrata, sous la supervision de la Libye et des Nations Unies et grâce aux fonds du gouvernement suisse. De plus, des mesures supplémentaires avaient été mises en place entre temps afin de retirer les restes explosifs de guerre. De nombreux facteurs ont pu jouer en faveur du respect de ces obligations énoncées par le droit humanitaire, parmi lesquels la possibilité de gagner en reconnaissance sur le plan politique et la capacité à réconcilier une population divisée.
Pendant le conflit armé libyen de 2011, les autorités détentrices ont permis au CICR de visiter différents centres de détention et les détenus de leur choix, conformément à leurs obligations relatives au traitement des détenus et en vertu du droit humanitaire. De telles mesures ont été rendues possibles grâce à l’assistance matérielle fournie par cet intermédiaire neutre.
L’accord de cessez-le-feu de Lusaka, signé en 1999, prévoyait l’engagement de libérer les prisonniers de guerre (PG). Puis, grâce à la coopération entre différentes agences et organisations extérieures et à leur soutien, de nombreux prisonniers de guerre ont finalement été libérés par la République Démocratique du Congo (RDC), qui a suivi ses obligations conformément au DIH.