Afrique

En 2011, le Tchad a signé un plan d’action avec les Nations Unies dont l’objectif était de remédier au problème du recrutement d’enfants soldats. Afin de mettre en œuvre ce plan d’action, le gouvernement a pris des mesures concrètes : il a adopté une législation interdisant le recrutement d’enfants soldats sous peine de poursuites pénales et mis en place des mesures de contrôle pour s’assurer qu’il n’y ait plus aucun enfant dans les rangs des forces armées. En 2014, les Nations Unies ont déclaré que la mise en œuvre du plan d’action avait été accomplie et le Tchad a été retiré de la liste des pays figurant dans le Rapport du Secrétaire général des Nations Unies sur les enfants et les conflits armés.
Pendant le conflit armé de 2011 en Libye, le Conseil national de transition de la Libye (CNT) a élaboré un manuel opérationnel énonçant les principales règles du droit de la guerre, qui ont ensuite été diffusées par divers moyens, notamment en envoyant des extraits du manuel par SMS ou encore en diffusant des messages en continu à la radio et la télévision. Le souci d’une opinion publique favorable et la volonté de gagner en légitimité semblent avoir influencé cette prise d’initiative garantissant le respect du DIH, initiative qui a également été rendue possible grâce aux progrès de la technologie et à sa démocratisation au sein de la population.
En 2013, le gouvernement du Soudan et le Mouvement Justice et Égalité (JEM) ont signé un accord de cessez-le-feu comprenant des obligations en matière de protection des enfants. En 2016, le Soudan a signé un Plan d’action avec les Nations Unies, lequel vise à mettre fin au recrutement d’enfants par ses forces armées. Lorsque les mesures établies par le Plan d’action auront été mises en œuvre par le gouvernement soudanais, l'ONU retirera les forces de sécurité du pays des annexes du rapport annuel du Secrétaire général sur les enfants et les conflits armés.
En 2015, après avoir signé un Acte d’engagement, le Mouvement populaire de libération du Soudan - Nord a neutralisé ses stocks de mines terrestres antipersonnel, avec l’assistance technique d’experts de l’Appel de Genève. Depuis, le Service de lutte antimines des Nations Unies, en coopération avec le gouvernement soudanais, poursuit son travail pour dépolluer des millions de m2 en éliminant les munitions non explosées et les mines terrestres.
Durant le conflit de 2007 à 2009, le Mouvement des Nigériens pour la Justice (MNJ), un groupe armé non étatique, a autorisé le CICR à donner les premiers secours aux soldats capturés des Forces Armées du Niger (FAN) et a libéré les soldats dont l’état nécessitait une assistance médicale. Le CICR a également pu rendre visite aux détenus durant leur internement. Le MNJ a par la suite libéré les derniers soldats détenus. L’implication d’un intermédiaire neutre dans le processus semble avoir été essentiel pour générer un comportement conforme au droit humanitaire.
En 2014, le Soudan du Sud, alors en proie à un conflit armé, a reçu l’accord de son pays voisin, le Soudan, pour ouvrir un couloir humanitaire afin de permettre aux secours humanitaires d’avoir accès aux populations touchées par le conflit. Avec le soutien du Programme alimentaire mondial des Nations Unies, plusieurs convois humanitaires ont pu rejoindre le Soudan du Sud en empruntant ce corridor. Cette initiative a pu avoir une influence positive sur l’opinion publique locale et a contribué à améliorer l’image du Soudan auprès de la communauté internationale. Le fait de prendre en compte ces considérations pourrait être déterminant pour générer un plus grand respect du DIH.
Durant le conflit armé qui l’opposait au gouvernement du Soudan, le Mouvement/Armée de libération du peuple soudanais (SPLM/A) s’est engagé à interdire totalement les mines antipersonnel, en adoptant, en premier lieu, une résolution, puis en signant un Acte d’engagement. En 2002, il a signé un Mémorandum d’entente avec le gouvernement du Soudan et le Service de l’action antimines des Nations Unies (UNMAS) afin d’entreprendre des actions de déminage. À la suite de l’indépendance du Soudan du Sud, le SPLM/A, alors à la tête du pays, a favorisé la succession du Soudan du Sud à la Convention d’Ottawa et a poursuivi son travail de déminage du territoire.
L’accord de cessez-le-feu de Lusaka, signé en 1999, prévoyait l’engagement de libérer les prisonniers de guerre (PG). Puis, grâce à la coopération entre différentes agences et organisations extérieures et à leur soutien, de nombreux prisonniers de guerre ont finalement été libérés par la République Démocratique du Congo (RDC), qui a suivi ses obligations conformément au DIH.